Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Une ribambelle

Une ribambelle

Lectures et critiques

Le train zéro - Iouri Bouïda

Maintenant, elle vagabondait parmi d'autres ombres dans les prairies du paradis. Ou peut-être que ce n'était pas le paradis. Quelle différence. L'autre monde, c'est juste un autre monde. Si c'est un monde. Soudain, Ivan se mit à pleurer. Pour la première fois peut-être, il avait de la peine, non pour lui-même, mais pour cette vagabonde, cette Aliona. Cette Gouliéna. Comme si, bizarrement, elle lui était entrée dans le sang et maintenant, ça le brûlait, ça lui faisait mal, enfin, ça lui faisait de la peine. Elle était arrivée de nulle, part, ne s'était attachée à rien, était repartie vers nulle part, une toute petite femme étrange qui boitillait...

Le train zéro

Le train zéro - Iouri Bouïda

En Russie au milieu de nulle part, une ligne ferroviaire a été construite par des hommes afin que le train zéro passe. Premiers travailleurs du lieu, Ivan, Micha et Fira, Goussia et Vassili, Aliona vivent et travaillent là, ont leurs histoires d'amour. Il y a aussi le colonel roux car l'armée veille. Les chiens aussi. Ils ne savent pas ce qui se passe à la station 8 ou 2. Ils ont été conduits à la station 9 pour construire la voie, vivre et faire en sorte que le train passe sans encombre. Rien d'autre. Pas de réflexion. Le terminus, ils ne le connaissent pas, ne l'ont jamais vu. D'ailleurs y-pensent-ils ? Pris dans le tourbillon du travail, des pommes de terre qui cuisent, du chou qui mijote, de la vodka qu'ils boivent, ont-ils le temps et l'énergie de penser à ce que contient ce train et à la destination vers laquelle il va ? Le train zéro passe à minuit pile. Cent wagons. Quatre locomotives. 
Mais certains s'interrogent. Que contient ce train ? Que représente ce train ? 
Et puis un jour le train ne s'arrête plus. Dehors les réparateurs ! Plus besoin de faire le plein d'eau, de charbon. Tout le monde doit donc partir. Seul Vania va rester. Le train continuera-t-il de passer ?

-----------------

Mon avis : j'ai beaucoup aimé ce court roman de 126 pages qu'il n'est pas aisé de résumer sans en dire trop et dans lequel j'étais bien malgré la rudesse de la vie des protagonistes. Je n'ai pas ressenti le froid, le vide ambiant bien que j'ai imaginé un paysage lunaire avec juste les deux cabanes nues, les rails, la rivière en contre-bas.

On y trouve l'amour, une façon poétique de décrire l'être aimée, la patrie, l'armée, l'absurdité, la pauvreté, la mort, le froid, la folie, la religion.

Et finalement, je suis restée ancrée à la station avec les personnages sans même chercher à savoir qui ou ce qui était dans le train, ni même pourquoi il allait au terminus. Je ne me suis pas trop demandé quel était le sens de leur présence, du passage du train et de sa destination.

Ivan et les autres m'ont suffi et m'ont émue.

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

le Bison 09/12/2014 20:21

Très beau effectivement. Ça me donne envie de sortir ma bouteille de Vodka et de stationner avec la station 9. Oui, celui-là, il faut que je me le note !

Une ribambelle 09/12/2014 20:48

C'est déjà space à la base mais j'aime bien et puis j'aime bien les ambiances russes.

sous les galets 29/11/2014 14:43

C'est très beau comme billet! dire que les personnages t'ont suffi, je trouve ça touchant. On est dans une époque où on essaie de décrypter des messages, alors quand un lecteur se dit contenté juste par l'histoire, c'est vraiment chouette.

Une ribambelle 29/11/2014 14:51

Merci. D'ailleurs il est arrivé la même chose aux personnages. Aux 4/5ème du livre, arrive un événement que j'attendais tout comme le personnage principal. Puis, pffiout, le personnage n'en fait rien. Et je ne me suis pas dit "mais pourquoi l'auteur n'a-t-il pas développé ? mais "pourquoi Ivan n'en fait-il rien" ? Et je me suis finalement rangée à ses côtés en me disant que ça n'était pas cet événement là le plus important alors même qu'au début du roman c'est ce après quoi l'on court.
Et à quelques jours après l'avoir terminé je garde toujours une nostalgie de cette histoire.