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Une ribambelle

Une ribambelle

Lectures et critiques

Un coeur faible - Dostoïevski

Un coeur faible - Dostoïevski

 

Deux amis, Vassia et Arkadi, partagent un appartement. Le travail de Vassia consiste à écrire, à recopier ce qu'on lui donne car il a une jolie écriture. Or, tout dévoué à son chef et fraîchement épris de la belle Lizanka, le voilà qui se met à privilégier son travail, dut-il le rendre fou.

 

Mon avis

Une nouvelle de Fédor Mikhailovitch Dostoïevski qui a beaucoup de points communs avec ce que j'ai déjà pu lire dans la littérature russe. En effet, certains thèmes ressurgissent : le dévouement dans le travail pour les hommes de condition modeste, l'asservissement mental dans lequel se met le héros, les tourments et atermoiements de l'amour, l'introspection qui conduit à douter de soi et de ses capacités. L'amitié a aussi une place prépondérante. D'ailleurs ce qui lie Vassia et Arkadi est aussi fort que ce qui liait Oblomov à ses amis qui essayaient de le sortir de sa léthargie (Oblomov - Ivan Gontacharov). On retrouve aussi très souvent la course à travers la ville pour trouver un médecin, pour aller retrouver la bien-aimée, pour aller porter un travail attendu.....La façon que l'auteur a d'écrire permet de mettre en avant toutes ces attitudes excessives en répétant les mots, en jouant de la ponctuation. Il s'agit incontestablement d'une littérature théâtrale, faite pour être jouée, très vivante.

J'aime bien ce qu'écrit Dostoïevski mais là, il faut pouvoir supporter le caractère de Vassia, "qui tourne, qui vire", qui n'ouvre pas les yeux et qui tergiverse sans cesse. A l'instar d'Arkadi, j'ai eu envie de lui verser une carafe d'eau fraîche sur la tête. 

Extrait :

-ça va ; tu veux que je me calme, et moi, je n'ai jamais été aussi calme et heureux ! Tu sais...Ecoute, je voudrais tout te raconter, mais j'ai toujours peur de te faire de la peine...Je te fais toujours de la peine et tu me cries dessus ; et, moi, j'ai peur...regarde, comme je tremble, maintenant, je ne sais pas pourquoi. Tu vois, voilà ce que j'ai envie de te dire. J'ai l'impression qu'avant je ne me connaissais pas-non ! et les autres aussi, c'est seulement hier que j'ai appris à les connaître. Non, vieux frère, je ne sentais pas, je n'appréciais pas à sa valeur. Le coeur...que j'avais sec...Ecoute, comment c'est arrivé, qu'à personne, non à personne au monde, je n'aie jamais fait de bien, parce que ej pouvais pas le faire, même mon aspect, il est désagréable...Et, moi, tout le monde me faisait le bien ! Tiens, toi le premier : est ce que je ne le vois pas ? Et moi, je me taisais, je me taisais ! 

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