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Une ribambelle

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Lectures et critiques

Le paon - Nikolaï Leskov

Le paon - Nikolaï Leskov

Lorsque la narratrice, sa mère et sa tante Olga Petrovna louent un appartement dans la maison d'Anna Lvovna, elles sont loin de se douter que cette dernière mène la vie dure aux locataires qui tarderaient à payer le loyer. En effet, la propriétaire a embauché comme domestique le dénommé Pavline Pevounov, qui règne en maître sur la maison. Ce dernier, impeccable dans sa tenue à galons et muni de sa canne à pommeau veille sur les biens de sa maîtresse et ne laisse aucun répit aux mauvais payeurs. Dès lors que l'un des locataires qui loue une chambre ou un appartement de cette grande maison ne paye pas en temps et en heure, les fenêtres sont aussitôt dégondées et mises sous clef quelque soient les températures extérieures. Bien évidemment cette tâche n'incombe pas à Pavline mais à ses sbires. Anna Lvovna est tellement dure en affaire qu'elle ne trouve rien à redire à ce procédé mis en application par son employé zélé. 
Or, par un funeste jour, une aristocrate, locataire, décède en laissant une enfant désormais orpheline. Que va t-il advenir de la petite Liouba âgée de six ans ? Malgré sa sévérité, une humanité se cache sous la carapace de Pavline, aussi décide-t-il de subvenir aux besoins éducatifs de la petite Liouba. L'enfant reçoit une formation, grandit puis avec l'approbation d'Anna Lvovna, mademoiselle Liouba épouse Pavline bien plus âgé qu'elle. Or, la demoiselle n'a ni la sagesse de son époux ni son honnêteté et sa droiture et la voilà qui se laisse entraîner par le sombre Woldemar qui n'est autre que le fils d'Anna Lvovna. Ce dernier n'étant vraiment pas un homme à côtoyer, Liouba court à sa perte.

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Quelle belle découverte que cet auteur russe dont Tolstoï dit de lui : "Le temps de Leskov n'est pas encore venu, Leskov est un écrivain de l'avenir".
J'ai beaucoup aimé cette lecture, son imparfait du subjonctif (oui je l'aime), ses personnages, le vernis qui craquelle, l'abnégation par amour. On retrouve ici des thèmes récurrents de la littérature russe à savoir l'amour, l'exil, la religion, la rudesse de certains coeurs ou de certaines situations et les petits mots prononcés en français par les russes, de ci de là au cours du récit.
Ce court roman publié en 1874 s'inscrit dans le cycle des Justes où, le précise Jacques Imbert (traducteur du roman), l'écrivain met en lumière des personnages, souvent simples et frustres, qui font preuve d'une authentique grandeur d'âme envers les victimes de l'étroitesse et de l'égoïsme, fruits de la dépravation des moeurs dans laquelle se vautre la société russe au milieu du XIXème siècle.

 

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Liliba 03/02/2017 19:09

Des siècles que je n'ai pas lu d'auteur russe ! Du coup, tu me donnes envie à moi aussi...

Une ribambelle 03/02/2017 19:28

ça peut être une bonne remise pour s'y remettre d'autant plus que le livre n'est pas franchement épais. Moi j'aime énormément les auteurs russes.

Laure 30/01/2017 21:31

Merci pour cette piqûre de rappel, ça fait trop longtemps que je n'ai pas lu de littérature russe.

Liliba 04/02/2017 12:15

Je les adorais aussi quand j'étais jeune !!!

Une ribambelle 31/01/2017 07:25

ô combien indispensable !
Il faut s'y remettre bien vite.

Alex-Mot-à-Mots 23/01/2017 13:01

Un auteur qu'il me faut découvrir. Merci pour ton billet.

Une ribambelle 23/01/2017 13:24

Pour la qualité de l'écriture, pour ses personnages, il faut le lire. Et puis se rappeler aussi que souvent la littérature russe est là pour mettre le doigt sur les travers de ses contemporains.