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Lectures et critiques

Une ribambelle

Beloukia - Pierre Drieu La Rochelle

Beloukia - Pierre Drieu La Rochelle

Qu'est-ce que la beauté d'une femme ? Une promesse, une allusion. A quoi ? A ce qui compte pour l'homme : la grandeur. Dans les bras d'Hassib, Beloukia avait eu des cris qui lui rappelaient et qui lui annonçaient l'élan mortel du combat.

En des temps anciens, le Khalife de Bagdad régit la ville et son peuple mais le pouvoir est envié. Proche du Khalife, Mansour vit dans son palais avec Beloukia son épouse. Celle-ci aime le plaisir et s'égare dans les bras d'amantes, d'amants et notamment d'Hassib, poète. Felsan qui convoite le pouvoir fomente un coup contre le Khalife et cherche l'appui et l'aide d'Hassib pour parvenir à ses fins. 

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J'ai découvert Pierre Drieu La Rochelle grâce à ce court roman dont l'histoire se déroule à Bagdad. J'ai eu bien du mal à m'immerger dans cet Irak ancien, au temps des chevauchées, des conquêtes de pouvoir, des palais qui recèlent des secrets alors même que tous les composants étaient là pour me plaire et que l'écriture était belle. Je ne saurais justifier la distance que j'ai ressentie face à Beloukia et ses amours.
Puis, dès que Felsan a ourdi le complot et s' est adjoint la complicité de l'amant de Beloukia, j'ai davantage aimé l'histoire et surtout tous les personnages. C'est à ce moment là également que j'ai trouvé l'écriture plus poétique, plus touchante. Je me suis projetée aux côtés d'Hassib pris entre deux feux. Comment peut-il satisfaire la demande de Felsan sans trahir Beloukia ? L'auteur a réussi à me faire aimer tous les personnages sans n'avoir d'animosité pour l'un comme pour l'autre, la morale semblant alors absente pour laisser davantage de place au romanesque.

Tous ces vers avaient été faits sur le modèle de son corps, et d'ailleurs ils avaient été le plus souvent vigoureux comme au temps où il chantait la gloire militaire, car la longue démarche de cette femme qui avançait toujours vers lui au milieu du danger, l'audacieuse fureur avec laquelle elle se jetait sur lui, les amples ondoiements que traçaient sur leur lit ses reins superbes, la contraction grave de son visage au moment où elle était fécondée jusqu'au fond de l'âme par la joie et faisait éclater dans ses yeux les marques inattendues d'une beauté toujours renouvelée, la noble prudence avec laquelle elle l'assurait d'un amour non point infini mais qu'elle avouait tronqué-tout cela n'avait pu lui inspirer rien de faible, ni de langoureux, mais des accents d'un étrange stoïcisme qui mariait, comme il en est chez le soldat, la soumission et l'orgueil dans la soumission, la fidélité et la féroce exigence à l'égard de celui qui l'obtient, l'abandon au fatal et la magnifique liberté qui en résulte dans le coeur de celui qui s'y abandonne, la joie et le désespoir.

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