6 Mars 2018

1924. Angleterre. Jane Fairchild, 21 ans, est une des domestiques de la famille Niven. Cette jeune femme de chambre est arrivée à leur service alors qu'elle était âgée de 16 ans.
Ce 30 mars sonne le dimanche des mères. Toutes les domestiques des maisons sont libres. Une fois l'an, une journée toute entière pour que chacune d'elle aille rejoindre la famille. Or, de famille, Jane n'en a point. Mais des projets, elle en a : retrouver son amant, en catimini.
Elle enfourche donc une bicyclette des Niven, remonte une allée de gravier et pénètre par la porte avant d'une demeure. Ce détail qui pourrait sembler normal ne l'est guère puisque cet accès ne devrait pas lui être autorisé. En effet, elle va rejoindre Paul, son amant, un jeune aristocrate. Jane sait qu'ils ne passeront qu'une partie de la journée ensemble puisque Paul doit aller rejoindre Miss Hobday sa fiancée qu'il va prochainement épouser.
Confrontation des classes. Le voilà au lit avec Jane, sa maîtresse depuis des années. La jeune femme, le temps d'une journée a le droit de partager le lit de Paul, sa demeure familiale. Mais une bien sombre nouvelle va venir ternir cette chaude journée.
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L'auteur décrit la journée telle une pâte à tarte que l'on malaxerait, que l'on aplatirait pour en étaler tout ce qui est possible, pour en voir l'aspect grossier extérieur et réussir à faire surgir des détails, des précisions, une finesse, une complexité. J'ai beaucoup aimé cette première moitié du roman jusqu'au moment où surgit un fait marquant. Je ne comprenais pas pourquoi soudainement, il arrivait là, à ce moment de l'histoire. Je l'attendais à la fin. Puis j'ai rapidement compris et vu que la seconde moitié du roman allait nous entraîner auprès de Jane, devenue adulte avec une situation plutôt enviable pour ne revenir que succinctement à la fin du roman sur ce moment dramatiquet et ses conséquences. J'aurais juste voulu rester dans cette chambre, avec Paul et Jane, tout le temps du livre ou presque sans avoir à prendre connaissance de la nouvelle vie de Jane aussi tôt dans le roman ; seules quelques pages à la fin auraient été suffisantes. J'aurais voulu rester avec eux deux et avec la stupéfaction, la tristesse et l'humanité de Mr Niven.
Une lecture que j'ai beaucoup aimée malgré ce bémol dont je parle.